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Les registres des gardes consulaire, impériale et royale et des régiments d'infanterie de ligne (1802-1815)

La tenue des registres matricules

Héritier de la montre des compagnies, du rôle de signal des gens de guerre et des contrôles de troupe de l’Ancien Régime, le registre matricule est le document de base de l’administration des corps à partir de la Révolution. Il permet aussi bien de connaître l’état des effectifs réels et de lutter contre la désertion que de définir les droits des soldats (décorations, pensions, etc.). Les informations qu’il contient pour chaque individu sont précieuses : renseignements d’état-civil, signalement physique et état des services militaires (dates d’engagement ou d’incorporation, services antérieurs à l’arrivée au corps, liste des campagnes, date et motif de départ).

Sa tenue est scrupuleuse et réglementée par l’article 16 (titre 2) du règlement du 8 floréal an VIII (28 mai 1800) et l’article 20 (titre 1er) du décret impérial du 25 germinal an XIII (14 mars 1805). Les registres vivent au gré des créations, réorganisations et dissolutions des unités, et sont rédigés en double exemplaire : l’un conservé au corps, l’autre expédié au ministère de la Guerre. En l’an XIII, ils sont pourvus d’une « notice pour servir à l’histoire du corps » (généralement placée en tête du premier volume de la collection pour chaque régiment). Il est ainsi possible d’éclairer l’évolution de l’organisation d’une unité, de suivre son parcours sur les théâtres d’opérations européens et de connaître les affrontements et batailles auxquels elle a pris part.

La sous-série 20 YC: les registres des gardes consulaire, impériale et royale

Les registres de la sous-série 20 YC se présentent sous la forme d’un fonds hétérogène, du fait non seulement de la variété des unités qui composaient la garde, mais aussi de la disparité des typologies documentaires (registres matricules des dépôts de conscrits de la garde, feuilles de signalement annuelles, registres collectifs de régiments). Par ailleurs, les nombreuses réorganisations qui touchèrent la garde durant la période expliquent les lacunes dans les fonds.

 Quelques repères chronologiques

  • 13 nivôse an VIII (3 janvier 1800) : décret d’organisation de la garde des consuls, constituée de plus de 2 000 hommes qui se sont « distingués sur le champ de bataille ».
  • 30 nivôse an XII (21 janvier 1804) : la garde est augmentée par la création de deux corps de vélites, de 800 hommes – les vélites étaient de jeunes soldats destinés à devenir de futurs gradés. Les effectifs de la garde ne cesseront de croître sous le Consulat et l’Empire, passant de 2 089 hommes en l’an VIII à 55 946 en 1812.
  • 20 floréal an XII (10 mai 1804) : décret qui donne à la garde le titre de garde impériale. Dès lors et jusqu’à la fin de l’Empire, Napoléon en est le chef unique, l’organisant et la réorganisant selon les nécessités et n’hésitant pas à s’occuper lui-même du règlement du détail. Par décrets successifs, l’empereur crée de nombreuses unités qui forment la moyenne et la jeune garde, la vieille garde désignant les corps ayant constitué la garde d’origine.
  • 1809 : la garde devient unité de combat à part entière.

 La sous-série 21 YC: les régiments d'infanterie de ligne

La sous-série GR 21 YC est quant à elle un fonds d’archives homogène dont le plan de classement suit l’ordre numérique des régiments. Elle est constituée de registres matricules provenant à la fois de la collection ministérielle et de celle gardée par le corps. Les lacunes sont de ce fait très rares, les pertes dues aux aléas des transports et des guerres n’ayant eu quasiment aucune incidence sur l’intégrité du fonds.

 Quelques repères chronologiques

  • 18 nivôse an IV (8 janvier 1796) : arrêté du Directoire exécutif réorganisant l’armée. Les régiments d’infanterie de ligne napoléoniens tirent directement leur organisation de ces nouvelles demi-brigades dites de « seconde formation ».
  • 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) : arrêté qui remanie l’infanterie. Les demi-brigades prennent le nom de régiments, et les chefs de brigade deviennent des colonels. Trente-huit demi-brigades à deux bataillons fusionnent en dix-neuf régiments à quatre bataillons. Vingt et un numéros ne sont pas attribués et restent vacants jusqu’en 1814 (il s’agit des numéros 31, 38, 41, 49, 68, 71, 73, 74, 77, 78, 80, 83, 87, 90, 91, 97, 98, 99, 109 et 110).
  • 2e complémentaire an XIII (19 septembre 1805) : création d’une compagnie de voltigeurs dans chaque bataillon.
  • 18 février 1808 : chaque régiment passe à cinq bataillons.
  • 1808-1813 : pour répondre à des besoins en effectifs croissants, quarante-cinq nouveaux régiments d’infanterie de ligne sont créés (le 107e et du 113e au 156e régiment).
  • 11 avril 1811 : les régiments de l’armée d’Allemagne passent à six bataillons.
  • 15 décembre 1813 : la composition à six bataillons est élargie à seize régiments supplémentaires.
  • 12 mai 1814 : une ordonnance royale met l’armée sur le pied de paix et la réduit à quatre-vingt-dix régiments de trois bataillons. Une nouvelle numérotation des régiments est adoptée (cette mesure sera abolie par Napoléon le 25 avril 1815).
  • 23 mars 1815 : Louis XVIII licencie l’armée, suspecte d’allégeance au nouveau régime.
  • 13 avril 1815 : Napoléon Ier porte les régiments d’infanterie de ligne à cinq bataillons.
  • 16 juillet 1815 : après l’abdication de l’Empereur, Louis XVIII crée quatre-vingt-six légions d’infanterie pour remplacer les anciens régiments de ligne.

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