Prisonniers de guerre
Le fichier des prisonniers de guerre de l’armée française capturés par les forces de l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale a été constitué dès 1940, à la suite des renseignements fournis par le service en charge de la gestion de l’Oberkommando der Wehrmacht (OKW), dans le cadre de la convention de Genève de 1929 dont la France et l’Allemagne sont signataires.
Ces informations, qui arrivent en France, après l’armistice, sous la forme de listes rédigées par l’administration des camps de de prisonniers (Frontstalag, Stalag et Oflag), sont prises en compte par les équipes de la direction du service des prisonniers de guerre à Lyon et de sa sous-direction à Paris. Les informations contenues dans ces listes sont reportées sur des fiches individuelles et complétées durant toute la captivité, au fur et à mesure de l’arrivée des renseignements. Outre les informations d’état civil et militaires des prisonniers, les transferts dans les camps successifs y sont également mentionnés, avec leurs dates et le numéro de liste (Meldung), souvent abrégé en mdg, mlg ou mg, ainsi que les dates de libération ou de décès.
Une fois la France libérée, l’ensemble des archives liées à la gestion des prisonniers de guerre est pris en compte par le ministère des prisonniers déportés et réfugiés qui s’en sert pour organiser le rapatriement de ces derniers. Le fichier fut utilisé par la suite dans le cadre du paiement des pécules, versés aux prisonniers de guerre quelques temps après leur retour.
S’il est établi que le nombre de prisonniers de guerre de l’armée française avoisine les 1 500 000 individus (originaires de la métropole mais également de l’outre-mer et des anciennes colonies et protectorats), le fichier conservé à la DAVCC est bien plus volumineux puisqu’il dépasse les 2 000 000 de fiches. En effet, il se trouve que certains prisonniers de guerre sont inscrits sur plusieurs fiches, ou que la fiche française soit complétée par une fiche allemande, sans oublier que la captivité militaire ne se limite pas aux combats de 1939-1940 mais comprend également ceux qu’ont livrés la France Libre aux forces de l’Axe.
Dans un premier temps, seules 177 000 fiches de nord-africains sont mises en ligne.