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Guerre de Corée

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Batailles de Twin-tunnels et de Chipyong-Ni

Plan de feux des compagnies du BF/ONU à Chipyong-Ni, 13-16 février 1951 (SHD, 7U 292)

Janvier-février 1951

Le lieu-dit Twin-Tunnels, en raison des deux tunnels sous lesquels passe une voie ferrée, et le village de Chipyong-Ni se situent sur la route qui relie Wonju à Séoul. Le BF/ONU combat dans ce secteur dans le cadre de la contre-offensive des Nations-Unies engagée contre les Chinois pendant l’hiver 1951.

39 militaires sont décédés sur ces lieux

Twin-Tunnels

Poursuivant la contre-offensive commencée à Wonju, les unités des Nations-Unies progressent en territoire ennemi vers le nord, en direction de Chipyong-Ni, utilisant notamment la tactique chinoise de progression par les crêtes. Au cours de la remontée, une colonne de plusieurs dizaines de combattants du 23e RI tombe dans une embuscade le 30 janvier. L’aviation américaine riposte à cette attaque chinoise en bombardant la zone au napalm. Le lendemain le contingent français, qui a reçu l’ordre de se porter à 4 km au sud de Chipyong-Ni, au lieu-dit Twin-Tunnels (deux tunnels traversent les collines occupées par les hommes du 23e RI), passe devant les restes du détachement américain. Regroupées en point d’appui fermé à Twin-Tunnels au soir du 30 janvier 1951, les compagnies du BF/ONU subissent l’assaut chinois très tôt dans la matinée du 1er février. Le combat reste incertain et à 11h00, les pertes s’accumulent, « le problème de l’évacuation des blessés et de morts soulèvent de grosses difficultés » (JMO de la 3e compagnie du BF/ONU), mais l’ordre du chef de Bataillon Le Mire est de « tenir coûte que coûte ». Les hommes tiennent la position grâce au soutien logistique et à l’appui de l’aviation américaine qui intervient en début d’après-midi. Le Bataillon reprend alors le terrain mètre par mètre en fin d’après-midi. Il y perd 32 hommes et une centaine de blessés dans cet engagement. Ce fait d’armes vaut au BF/ONU sa première citation française à l’ordre de l’Armée et sa première citation présidentielle américaine.

Chipyong-Ni

Après le combat de Twin-Tunnels, le commandement américain donne l’ordre le 3 février 1951 au 23e RI, d’occuper la position clé de Chipyong-Ni située à un carrefour de routes. Le village constitue en effet un important nœud de communication aux débouchés de plusieurs vallées. Le Général Ridgway, commandant alors la VIIIe Armée, décide d’y créer un « abcès de fixation » ou « Ancre tournante », position qui doit permettre à la contre-offensive alliée de se développer à l’ouest et à l’est de ce « môle stratégique ». La tactique de « l’abcès de fixation » consiste à installer solidement des troupes à 20, 30 voire 50 km en avant des lignes amies, de manière à attirer l’ennemi, le fixer et l’inciter à attaquer. Il s’agit ensuite de lui infliger de lourdes pertes grâce à la supériorité des moyens-feux de l’artillerie et de l’aviation. La ville est occupée par les soldats américains et les volontaires français dans la journée du 3 février. Pendant les dix jours qui suivent, alors que les Chinois procèdent à l’investissement de la ville, les combattants français et américains organisent défensivement la position. Le 13 au soir, à partir de 22h00, les Chinois lancent leur attaque. Le Bataillon, encerclé pendant trois jours par plusieurs milliers de « volontaires » chinois, résiste sous les assauts répétés. Le sol gelé rend difficile l’organisation défensive du terrain, certains abris doivent être creusés à l’aide d’explosifs. Le ravitaillement massif par l’aviation américaine et le bombardement des assiégeants permettent aux combattants de tenir la position, alors que la VIIIe Armée américaine franchit le 38e parallèle. Le 16 février, la victoire est acquise : les Chinois ont renoncé à enlever la position et cessent leur attaque. Ils laissent derrière eux des « monticules de cadavres ». Le Bataillon français, mis au repos à Wonju, dénombre une dizaine de morts et 80 blessés. Le Bataillon obtient sa deuxième citation française à l’ordre de l’Armée et une deuxième citation présidentielle américaine (Presidential Unit Citation).

 

Le Compte-rendu de la bataille de Chipyong-Ni des 13, 14 et 15 février 1951, décrit ainsi la situation : « La vallée et le défilé [de Muchon] peuvent avoir 300 mètres de largeur. Deux contreforts venant de la cote 453 au sud et de 319 au nord la dominent. Le village est à l’ouest du défilé du côté de l’ennemi. La position offre des champs de tirs très étendus. Elle restait en angle mort pour l’artillerie … On se demande pourquoi les Chinois sont passés par là. Il est possible que dans la nuit, ils aient suivi nos traces. Par ailleurs ils portaient des charges d’explosifs et il semble que, dans leur volonté d’anéantissement du Groupement tactique, ils voulaient couper la route pour interdire la retraite des véhicules ».


Lieux de décès concernés

Chipyong-Ni / Muchon / Chongon


Utilisés comme artillerie fixe, les blindés fournissent un appui précieux aux défenseurs du camp retranché, février 1951 (ECPAD, D54-02-126) Poste de commandement du général Monclar. Ce bâtiment existe toujours et a été réhabilité, 1951. (ECPAD, D54-03-194)

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